TOURBIÈRES :  Greenpeace Africa appelle les deux Congo au respect des engagements pris dans la gestion durable des tourbières à Brazzaville

L’Organisation environnementale Greenpeace Afrique a,  dans un communiqué,  appelé la République démocratique du Congo et la République du Congo à traduire
les paroles en actes pour assurer la protection des tourbières. Cet appel intervient après la troisième réunion des partenaires de l’Initiative Mondiale des Tourbières tenue du 21 au 23 mars à Brazzaville en République du Congo.
Greenpeace Africa reconnaît les mesures prises par la
République du Congo et la République démocratique du Congo qui ont organisé la troisième réunion de l’Initiative mondiale des tourbières (IMT), à Brazzaville du 21 au 23 mars. Il alerte cependant qu’alors que les deux pays font des déclarations pour montrer leur engagement à protéger les tourbières récemment découvertes sur leur territoire, les développements récents sur le terrain montrent que des activités industrielles sont déjà en cours, et qui constituent une menace alarmante pour ces zones des tourbières.
Greenpeace Afrique a récemment révélé que le ministre de l’Environnement et du
Développement Durable de la RDC, Amy Ambatobe, a illégalement rétablit trois concessions forestières aux sociétés d’exploitation forestière chinoises la Forestière pour le Développement du Congo (FODECO) et la Société La Millénaire Forestière (SOMIFOR) le
1er février 2018. Ces concessions couvrent une superficie de 650.000 Hectares – dont deux
chevauchent les tourbières.
Selon les experts des tourbières du Bassin du Congo, l’exploitation industrielle dans et autour des tourbières est parmi les principales menaces pour ces zones humides vulnérables stockant plus de 30 milliards de tonnes de carbone.
En outre, le ministère de l’Environnement de la RDC a récemment annoncé qu’il lèverait le moratoire sur les titres d’exploitation industrielle, ce qui entraînerait une expansion
incontrôlable du secteur de l’exploitation forestière du pays et compromettrait de nombreux
efforts internationaux de protection des forêts en République Démocratique du Congo, a dit Greenpeace.
“Nous sommes entrain de travailler en étroite collaboration avec des scientifiques de l’Université de Leeds qui ont révélé que le bassin du Congo abrite une vaste zone de tourbières (14 millions d’hectares), partagée entre la République Démocratique du Congo et la République du Congo, représentant seulement 10% de la zone de forêt tropicale du Bassin du Congo mais estimée pour stocker l’équivalent de 15 ans d’émissions de
combustibles fossiles des États-Unis. La préservation de la forêt du bassin du Congo et de ses tourbières est vitale pour les millions de personnes qui en dépendent et pour assurer la stabilité climatique de la planète », a déclaré Irène Wabiwa Betoko, Responsable de la campagne Greenpeace Afrique.
Greenpeace Africa informe aussi que le mois dernier, le Président Kabila a signé une ordonnance approuvant un accord commercial entre la RDC, l’Association Nationale des Hydrocarbures (SONAHYDROCoc) et la Compagnie Minière du Congo (COMICO). Dans cet accord, les blocs destinés à l’exploration pétrolière couvrent environ 1,460,000 hectares, principalement situés dans la cuvette centrale de la RDC. 
L’exploration pétrolière et les activités industrielles connexes dans cette zone entraîneraient une catastrophe environnementale car une grande partie de la zone chevauche les zones des tourbières et aussi chevauche partiellement le parc national de la Salonga, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO où l’exploration
pétrolière est interdite. En outre, poursuit Greenpeace, comme le montre l’affaire ATAMA, au moins un accord de concession a également été approuvé pour la création d’une plantation de palmiers à huile en République du Congo, qui occuperait 420.000 hectares de tourbières boisées.
« Nous appelons les deux gouvernements à protéger ces tourbières en annulant toutes les activités industrielles actuelles et futures dans ces zones et en maintenant le moratoire sur les titres d’exploitation forestière », a conclu Irène Wabiwa Betoko.
GREEN RDC

Auteur de l’article : Redaction

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